Au premier Écosouk, inauguré à Hamra, l’économie circulaire à l’honneur

Les initiatives se multiplient au Liban pour un mode de vie plus durable et plus vert. L’ouverture récente de l’Écosouk, à Hamra, en est la preuve. L’association Recycle Lebanon a déjà mené plusieurs projets dans le pays, notamment celui de #balaplastic, qui vise à supprimer la surconsommation de plastique, surtout à usage unique, et à trouver des solutions de rechange. L’association a franchi un nouveau pas en ouvrant un magasin permanent dédié aux objets et produits issus du recyclage. De la lessive biodégradable aux cosmétiques dépourvus de produits chimiques, en passant par des sacs fabriqués à partir de plastique recyclé ou encore de couteaux faits main, l’Écosouk met en avant autant les matériaux utilisés que la façon de faire.

Pour ce faire, plusieurs designers écolo-responsables sont réunis en même lieu où ils exposent leurs produits. Si leur offre est vaste et variée, ces designers partagent toutefois un même but : promouvoir l’économie circulaire, le développement durable et changer notre manière de consommer.

C’est le cas par exemple de l’initiative Papyrus, qui s’occupe principalement du recyclage de papier. Le papier collecté ainsi que d’autres matériaux comme du plastique ont droit à une seconde vie après avoir été transformés en carnets ou crayons. Ceux-ci sont entièrement biodégradables et peuvent même être plantés, car ils contiennent des graines. Mais Papyrus ne s’arrête pas là. L’association a également pour objectif de soutenir les femmes dans certains villages libanais. Ce sont elles d’ailleurs qui aident à la fabrication des différents objets qui sont tous faits main. Et il y a beaucoup d’autres projets. Maha Nasrallah fait de la poterie de façon traditionnelle, et sa fille, Nour Kays, fabrique de petits sacs entièrement en plastique recyclé.

Autre initiative, représentée dans cet Écosouk : Disco Soup qui consiste à récupérer des aliments prêts à être jetés, mais qui sont encore consommables, à les cuisiner et les redistribuer ensuite gratuitement. Quant à l’initiative Écoserv, elle est dédiée au recyclage des produits électroniques, téléphones, ordinateurs, télévisions, chargeurs ou encore jeux vidéo. Une fois ces objets démontés, le métal est recyclé. Saboun Baladi propose, pour sa part, des savons et de la lessive dépourvus de produits chimiques, fabriqués à partir de produits naturels uniquement et sans emballage en plastique. Il suffit d’apporter son propre récipient et de se servir au « bar ».

Autant d’initiatives et d’associations réunies dans les locaux de l’Écosouk à la rue Makdessi, à Hamra. Il s’agit du premier magasin au Moyen-Orient à promouvoir ainsi l’économie circulaire et le recyclage. En parallèle, une collecte de fonds est lancée pour quatre programmes de Recycle Lebanon afin d’aider au recyclage, à la fabrication de nouveaux produits, à soutenir les écosouks et les ateliers de travail et, enfin, à mieux protéger l’environnement naturel libanais.

Un nécessaire retour aux traditions
Derrière ce projet se trouve Joslin Kehdy. Lors de l’inauguration du magasin, mercredi dernier, elle a souligné qu’il était le premier, mais qu’il « ne sera sûrement pas le seul ». En effet, le prochain devrait être situé à Jounieh. Durant plus d’une heure, l’organisatrice et les différents participants ont présenté leurs projets, mais aussi et surtout les raisons de leur engagement. Nombre d’entre eux ont ainsi expliqué avoir décidé de suivre ce chemin parce qu’il était urgent d’agir, de trouver de nouveaux moyens de vivre sans avoir un impact négatif sur notre environnement ou sans créer d’inégalités sociales. « Je ne comprends pas comment on peut continuer à utiliser autant de produits chimiques mauvais pour notre santé », commente Joslin Kehdy en présentant le projet Saboun Baladi.

D’autres participants soulignent, eux, que le problème n’est pas de trouver des solutions, puisque la plupart d’entre elles existent depuis longtemps. Ils insistent plutôt sur la nécessité de retourner à un mode de vie et de production plus traditionnel, de revenir aux racines et d’être capables de mêler le traditionnel au moderne. En la matière, le Liban, par son savoir-faire, a beaucoup à apprendre aux adeptes de l’économie circulaire.

 

13/02/2019
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