Rehab : l’atelier de recyclage des déchets plastiques

Nicolas Voisard et Alexandre Tallec ont créé Rehab, un atelier de recyclage de plastique pour en faire du mobilier, à Quimper (Finistère). Derrière l’artisanat, une volonté de s’attaquer au problème de la pollution plastique.

Alexandre Tallec et Nicolas Voisard. À gauche, des couvercles alimentaires qui ont été réduits en paillettes de plastique. Fondues, elles sont moulées pour créer des objets comme cette horloge.
Alexandre Tallec et Nicolas Voisard. À gauche, des couvercles alimentaires qui ont été réduits en paillettes de plastique. Fondues, elles sont moulées pour créer des objets comme cette horloge. | OUEST FRANCE

Ils avaient envie de trouver du sens à leur travail. De faire leur part. Il y a huit mois, Nicolas Voisard, 28 ans et Alexandre Tallec, 29 ans, ont créé Rehab. Un atelier de recyclage du plastique, où ils transforment couvercles, bidons ou filets de pêche en mobilier : horloge, tabouret, portemanteaux…

Comment ces deux Finistériens en sont-ils arrivés là ? Après avoir étudié les sciences des matériaux et le design produit, Nicolas travaille à Paris, dans la conception de mobilier. De son côté, master d’économie et de développement durable en poche, Alexandre bosse dans un grand groupe avant de prendre la route. Il s’engage dans une ONG en Inde qui travaille sur la gestion des déchets.

« Plages paradisiaques pleines de déchets »

Et puis, il y a la prise de conscience. « Quand tu voyages au Mexique et que tu vois les plages paradisiaques pleines de déchets… » soupire Nicolas.

« Quand tu jettes ton mégot par terre et que tu comprends que ce geste n’est pas anodin : je ne fais pas ça chez moi, pourquoi je le ferais chez le voisin ? » dit Alexandre. Ils réalisent aussi que des initiatives pour un monde plus propre fleurissent partout, notamment chez les jeunes entrepreneurs.

Ils finissent par se rencontrer grâce à Plastic Planet, un réseau d’échange et de connaissances sur le recyclage du plastique. Grâce aux plans mis à disposition par ce réseau, ils créent leur première machine, destinée à broyer le plastique en petites paillettes. Fondues, elles sont ensuite moulées pour créer de nouveaux objets. Ils s’équipent de deux nouvelles machines, qu’ils installent dans leur atelier : un lieu aménagé « façon garage », dans la propriété familiale de Nicolas, à Tregont Mab, dans la campagne verdoyante du sud de Quimper.

Ramassages sur les plages

Leur démarche va plus loin. « Il nous semble important de sensibiliser à la pollution plastique », explique Alexandre Tallec. Les deux potes ne veulent pas servir de faire-valoir à l’industrie. « On ne veut pas dire : consommez, on gère ! Notre message serait biaisé. »

Chaque seconde, environ 22 tonnes de plastiques sont produites dans le monde (1)« On ne pourra pas recycler tout ça. » Seulement 20 % des plastiques sont recyclés en France. « Notre objectif est bien de contribuer à réduire le nombre de déchets produits. » À leur échelle, ils ont donc décidé de faire connaître le mode de vie zéro déchet, de contribuer à des ramassages sur les plages, d’en parler aux publics accueillis lors des ateliers ou dans les écoles qui les ont déjà sollicités.

Outils, moules et nouvelles machines

Leur ambition, c’est de créer leur entreprise. « Nous aimerions installer notre atelier dans un lieu plus grand », expliquent-ils.

Pour l’heure, ils ont lancé une campagne de financement participatif. Grâce à cela, ils financeront des moules supplémentaires, de l’outillage et de nouvelles machines : un scanner à plastique (pour savoir quelle est la matière précise et mieux la recycler) et une presse à plaque (pour fabriquer de plus grandes pièces en plastique recyclé).

Renseignements : kisskissbankbank.com/fr/projects/rehab

(1) En 2017, environ 350 millions de tonnes de plastique ont été fabriquées dans le monde, selon Plastics Europe, la fédération des producteurs européens de matières plastiques.

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